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Studio M Paris, en collaboration avec Acfa Multimédia, a organisé une conférence autour des métiers de l'audiovisuel. L'école a eu l'honneur de recevoir la scénariste Bahareh Azimi et Loïc Jançon, Manager Postproduction et ancien étudiant d'Acfa, qui sont revenus sur leurs parcours.

conférence métier audiovisuel

Rencontre avec Bahareh Azimih et Loïc Jançon

Studio M Paris : Pouvez-vous nous résumer vos parcours ?

Bahareh Azimi : J’ai commencé à écrire des films en 2005. Je suis autodidacte, je ne sors pas d’une grande école. En effet, je suis à la base ingénieur en eau, j'ai donc commencé à faire du ciné un peu tard. Le premier film que j'ai co-écris a été directement un long-métrage, "Chop Shop". Ensuite j'ai poursuivi avec mon deuxième, "Good bye solo", avec le même réalisateur, qui est américain mais comme moi d’origine iranienne. On s’est dit qu'on était une équipe qui fonctionnait bien ensemble et qu'on allait continuer comme ça. Nous en sommes actuellement à notre quatrième film et on adapte "Fahrenheit 451" pour HBO.

Loïc Jançon : Pour ma part, j’ai suivi la formation Réalisateur-Monteur d'ACFA multimédia. En sortant de l'école, j’ai fait un stage chez HK Corp. C’est une boîte de production de clips située à Paris, chez qui je suis actuellement en CDI depuis deux ans.

Studio M Paris : Quelles sont vos principales missions ?

Loïc Jançon : Je suis manager post-production mais j’ai plusieurs étiquettes : directeur post production, monteur...

Studio M Paris : Quelle est l’expérience professionnelle qui vous a le plus marqué ?

Bahareh Azimi : La première fois que j’ai vu un film sur lequel j'avais travaillé être projeté. Je n'ai pas fait d'écoles de cinéma, je ne suis donc pas passée par toutes les étapes dites traditionnelles. J'ai vu les dialogues que j'avais écrits déclamés par des acteurs en face de moi. Même si j’ai aidé au montage, de le voir projeté sur grand écran c’était vraiment magique ! C'est une merveilleuse expérience, la meilleure pour continuer à faire ce métier !

Loïc Jançon : Pour moi c’était le fait d’intégrer HK Corp., de pouvoir travailler avec des artistes que j’écoute ou que j’écoutais étant enfant. Je trouve ça absolument surréaliste de pouvoir travailler avec eux !

Studio M Paris : Vous avez tous les deux occupé plusieurs fonctions dans le milieu cinématographique. Est-il difficile de passer de l’une à l’autre ?

Bahareh Azimih : J'ai l’impression que chaque rôle englobe tous les autres. Quand on est scénariste, on est déjà en train de réfléchir au montage. Quand on fait du montage on réécrit... et c'est pareil avec la réalisation. Tous les rôles sont toujours imbriqués. 

Loïc Jançon : Je rejoins Bahareh sur ce point, à une différence près. Pour le montage, l’étalonnage et la post-production pure, il y a des genres de passerelles qui sont facilement accessibles. Par contre, le jour où on m’a demandé d’être directeur de post production sur un projet et d'en assumer la responsabilité... Je savais que je ne pouvais pas me tromper à cet instant précis car je récolterai n'importe quoi après.

Studio M Paris : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce que vous faites aujourd’hui ?

Bahareh Azimih : C’est le démarrage, quand il n'y a rien de rien et que l'on débute. L'étape la plus angoissante, la page blanche, qui était la plus angoissante, est maintenant devenue la plus excitante. J’essaye de me donner de la liberté. Je n'ai pas de frein et je peux laisser toute la place à mon inspiration. Après c’est de plus en plus difficile, c’est comme un entonnoir. On est pris au piège

Loïc Jançon : En ce qui me concerne, ce qui me plaît le plus est le peaufinage. De voir, expérience après expérience, à quel point on peut améliorer un projet, aller toujours plus loin en matière de montage.

bahareh azimi loic jançon

Conférence sur les métiers de l'audiovisuel à Studio M Paris

Studio M Paris : Quel effet cela vous fait de rencontrer des futurs cinéastes aujourd’hui au cours de la conférence ?

Bahareh Azimih : Moi ce qui me plaît, c’est cet échange, qui au final nous permet à nous aussi, conférenciers, d'en apprendre plus ! On vient tous d’horizons différents : de pouvoir échanger et parler avec les autres me plaît beaucoup ! Mais ce n’est pas tout : l’idée de la transmission est aussi très attrayante.

Loïc Jançon : Je rejoins Bahareh, animer ce type de conférences, c’est un partage. Chacun vient avec ses propres idées, ainsi que son propre univers. Cela peut aussi amener de nouvelles connaissances, qui, dans quelques années pourront donner lieu à de nouveaux projets et à des collaborations inédites.

Studio M Paris : Quels sont les conseils que vous pouvez donner à nos étudiants ?

Bahareh Azimih : Gérer les périodes de doutes en relativisant. C’est facile d’aller bien lorsqu'on a des idées, lorsqu'on est dans l'action et que tout avance bien.....mais c’est plus dur quand on doute ! C’est dommage d'arrêter pour de mauvaises raisons dans ces moments-là. Parce qu'au contraire, ces périodes creuses peuvent être bénéfique pour la suite. Si à cette époque on m'avait dit "Ne t'inquiète pas, c'est des passages obligés... tu t'en serviras même plus tard", ça m'aurait évité bien des angoisses.

Loïc Jançon : Le conseil que je donnerais, c’est de trouver un binôme, quelqu’un avec qui on aime travailler. Et de rester absolument actif et non passif au niveau de sa formation : enchaîner les projets, les expériences...

Le mieux est d’en faire toujours plus, parce qu'il n'y a que comme ça que l’on apprend. Si on se contente juste de l’école, on sort avec de très bonnes connaissances mais ce n'est pas comme ça qu’on aura le culot, ni la matière pour pouvoir aller plus loin. De plus, les projets attirent les projets !