Sortie de métro à Fréville. Tu franchis les portes de l'école avec ce doute qui te suit depuis la dernière démo Figma vue sur TikTok : à quoi bon s'acharner en cours de créa si une IA génère le tout en dix secondes ?
Une fois installé en classe, le constat est immédiat. Tu comprends vite que la réalité du métier de designer graphique n'est pas du tout encore remplacé par les intelligences artificielles. Émotion, compréhension ou encore sens artistique, la patte humaine est nécessaire aujourd'hui.
Le choc de la réalité technique
Le prof lance le module de bachelor design du matin. Le sujet : créer une identité visuelle pour un festival rennais fictif. Consigne : "Utilisez l'IA pour démarrer". Tu ouvres Adobe Firefly Vector Contro puis tapes ton Prompt Engineering Visuel.
L'écran t'affiche trois propositions colorées et du premier coup d'œil, ça claque (même si c'est un peu lisse). Mais le formateur te demande de zoomer à 400%, c'est le drame.
Les tracés sont sales sans la vectorisation ce qui génère des pixels en agrandissant votre affiche. Les courbes de Bézier se croisent aléatoirement donc c'est inexploitable pour une impression grand format, juste bon pour les écrans d'Iphone.
C'est là que ton cours prend tout son sens : Tu reprends la main pour transformer un brouillon numérique en fichier professionnel comme un véritable graphiste.
L'éducation de l'œil par l'entrainement
Tu passes la matinée à affiner, corriger, structurer et tu réalises que l'IA n'a aucune conscience. Elle ne sait pas que le rouge
qu'elle a choisi se dégrade en CMJN, alors que tu souhaites justement imprimer cette affiche. Chez Studio M, l'école du design graphique sur Rennes, on t'apprend à avoir cet œil critique et capable de discerner les vrais couleurs de la roue chromatique (comment fonctionne les contrastes et les palettes de couleur).
Ton voisin de table a généré 50 images en y passant 2h, en utilisant 4 prompts différents mais aucun ne va. De ton côté, tu en as généré 5, mais tu as appliqué une vraie Direction Artistique pour en finaliser une seule qui tape juste, qui parle au spectateur et lui permet de ressentir une émotion à travers l'image. Tu as évidemment pensé à rajouter de la texture afin de te séparer de ces images lisses avec IA. C'est ça la différence entre un amateur qui joue avec l'IA et un étudiant en bachelor design qui s'en sert comme levier.
Laisse partir l'inquiétude, laisse place à la créativité
L'IA est incapable de maintenir une cohérence sur 50 pages d'application, on le dit souvent "l'IA est fainéante". En cours, tu apprends que l'on peut commencer par l'IA, même si ce n'est pas l'outil le plus créatif. Puis, tu développeras le tout via ta suite Adobe pour donner vie à une pensée créative, la concevoir. C'est cette compétence structurelle qui est au cœur de notre bachelor design.
Tu comprends alors pourquoi Studio M, l'école du design graphique sur Rennes insiste tant sur les fondamentaux. Sans des cours sur l'IA, tu te balades sans savoir vers quoi te diriger, quelle intention, quelle émotion. Sans les cours, tu avais peur d'être inutile, remplacé par l'IA. Désormais, tu comprends qu'un outil est fait pour être manipulé et utilisé pour créer un vrai projet. Les outils changent, oui. Mais la créativité pilotée, elle, devient une denrée rare.
Tu ne viens pas à l'école pour apprendre à cliquer sur "Générer". Tu viens pour apprendre à réagir, à juger et à sublimer ce que la machine propose. C'est l'objectif pédagogique du bachelor design graphique.
En somme, l'IA ne deviendra jamais un designer graphique capable de réaliser une affiche aussi poussée que le festival Interceltique de Lorient par exemple. Par contre, elle peut t'aider à démarrer pour trouver une idée et commencer à développer ta créativité. Par contre, elle ne rendra jamais un travail finit. Alors commence dés maintenant à prendre le volant des nouveaux outils pour éviter le syndrome de la page blanche.