L’IA, un nouvel outil pour l’audiovisuel
L’intelligence artificielle fait beaucoup parler d’elle dans les métiers de l’image et du son. Pourtant, loin de remplacer les créatifs, elle devient surtout un nouvel outil de travail. Dans un bachelor réalisateur monteur, l’IA peut devenir un vrai coup de pouce pour imaginer, préparer, monter et finaliser un projet audiovisuel.
Dans les studios, le débat est déjà lancé
Quand on discute avec des monteurs, des réalisateurs ou des techniciens, le sujet revient souvent sur la table. Certains sont curieux, d'autres méfiants, parfois même un peu agacés. L'intelligence artificielle suscite beaucoup de réactions parce qu'elle touche directement à des métiers où l'humain occupe une place centrale.
Pourtant, lorsqu'on regarde ce qui se passe réellement dans les sociétés de production ou les agences, on est loin des scénarios catastrophes que l'on peut lire ici ou là. La plupart du temps, l'IA sert surtout à accélérer certaines étapes de travail. Pas à inventer une histoire, ni à décider de la meilleure façon de la raconter.
Pour les étudiants en bachelor réalisateur monteur, c'est d'ailleurs souvent comme cela qu'elle est utilisée : un outil parmi d'autres. Rien de plus. Rien de moins.
Des outils que beaucoup utilisent déjà sans y penser
Cette évolution n'est d'ailleurs plus limitée à quelques expérimentations. Des productions mondialement connues ont déjà intégré l'intelligence artificielle à certaines étapes de fabrication. Dans Everything Everywhere All at Once, plusieurs outils ont été utilisés pour accélérer certains effets visuels et soulager le travail des équipes VFX.
Dans le dernier Indiana Jones, le rajeunissement numérique de Harrison Ford s'est appuyé sur des technologies mêlant effets visuels avancés, machine learning et analyse d'archives vidéo pour recréer l'apparence de l'acteur plusieurs décennies plus tôt. Dans le film Emilia Pérez de Jacques Audiard, c'est pour le son qu'on a utilisé l'IA.
La société Respeecher a été sollicitée pour harmoniser et ajuster certaines performances vocales. L'objectif était d'améliorer la cohérence de certaines séquences chantées tout en conservant l'interprétation originale des comédiens. Plus récemment, The Brutalist a fait parler de lui pour l'utilisation d'une technologie permettant d'affiner la prononciation de certains dialogues en hongrois lors de la post-production.
Du côté des séries, Secret Invasion, produite par Marvel, a suscité de nombreux débats après avoir utilisé l'IA dans la création de son générique. Trois projets très différents, mais un point commun : à aucun moment l'intelligence artificielle n'a réalisé le film ou la série à elle seule.
Derrière chaque décision artistique, chaque choix de mise en scène ou de montage, on retrouve toujours des équipes créatives bien réelles.
Le plus difficile dans un film reste impossible à automatiser
Ce qui fait qu'une scène fonctionne n'a finalement pas grand-chose à voir avec la technologie utilisée.
Pourquoi garder un plan quelques secondes de plus ? Pourquoi couper juste après un regard ? Pourquoi choisir un silence plutôt qu'une musique ? Pourquoi filmer une situation de près plutôt qu'en plan large ?
Ce sont ces décisions qui donnent une identité à un projet. Et elles reposent sur quelque chose qu'aucun logiciel ne possède : une intention.
On peut demander à une intelligence artificielle de proposer plusieurs versions d'un montage. Mais elle ne sait pas ce qu'un réalisateur cherche à faire ressentir à son spectateur. Elle ne connaît pas le contexte du tournage, les échanges avec les comédiens ou les contraintes qui ont accompagné la création du projet.
C'est précisément pour cette raison que les compétences développées dans un bachelor réalisateur monteur restent essentielles. Apprendre à raconter une histoire, à construire un rythme ou à diriger un projet audiovisuel ne s'apprend pas en cliquant sur un bouton.