Nouveau logo Lacoste : cas d'étude pour les étudiants créatifs
En avril 2026, Lacoste a dévoilé une nouvelle identité visuelle. Pas un rebranding spectaculaire, juste une correction qui leur permettra d'améliorer leur vente et leur image. C'est un sujet d'étude intéressant pour un bachelor design graphique, sur une marque aussi célèbre.
Ce qui a changé, concrètement
La typographie d'abord : l'ancienne version utilisait un sans-serif géométrique fonctionnel, dans la lignée du grand aplatissement des marques mode et sport des années 2010, un logo lisible, digital-compatible, inoffensif. En 2026, ce choix était devenu invisible, interchangeable avec des dizaines d'autres marques du même segment.
Commission Studio, l'agence qui a réalisé ce nouveau logo, a réintroduit des caractères à empattements, tirés directement des archives. La fonte est développée sur mesure, proportions et espacements travaillés de zéro. Plus élégant, plus structuré, et reconnaissable comme Lacoste plutôt que comme "une marque de sport-luxe quelconque".
Le crocodile n'a pas été redessiné. Commission Studio est retourné aux dessins originaux de Robert George, l'illustrateur qui avait créé le premier emblème dans les années 1930. La langue rouge, déjà présente à l'origine, est rendue plus visible dans certaines déclinaisons. Le vert a été recalibré pour retrouver son intensité d'époque, plus soutenu qu'il ne l'était ces dernières années.
La palette suit : le vert en trois nuances, le "clay" qui renvoie à la terre battue, le "farine" en référence au blanc cassé du premier blazer de René Lacoste. Chaque couleur a une source précise derrière elle. (source : Site Lacoste)
Pourquoi un logo ne se change pas à la légère
On croit voir une forme, un dessin. En réalité, on regarde des années d'exposition accumulée, des milliers de points de contact, des devantures, des étiquettes, des podiums.
C'est pour ça que les erreurs de rebranding coûtent cher. Jaguar a changé radicalement d'identité fin 2024 en abandonnant ses codes historiques. La réaction a été sévère. Cracker Barrel aux États-Unis, idem. Les deux ont dû reculer partiellement, ce qui est, en termes de coût et de crédibilité, à peu près aussi douloureux que le rebranding lui-même.
Lacoste a fait le pari inverse : ne rien inventer, tout retrouver. Aller chercher dans les archives ce qui était déjà là, et le rendre plus lisible, plus coloré.
Il y a aussi une logique commerciale derrière ce choix. Une rupture graphique trop brutale représente un risque opérationnel concret : signalétique à refaire, packaging à reformater, supports à reprendre partout dans le monde. Éviter le rebranding total d'une marque permet d'éviter ces coûts. C'est l'un des premiers réflexes qu'on développe en bachelor design graphique : évaluer ce qui existe avant de tout remplacer.
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Ce que la méthode dit du métier
Ce qui est intéressant à analyser, c'est moins le résultat que la démarche.
Commission Studio n'a pas livré un logo. Ils ont livré un système : typographie sur mesure, palette recalibrée, crocodile aux usages repensés selon les contextes, écriture manuscrite de René Lacoste introduite sur certains supports comme les Cafés Lacoste, motifs d'archives réemployés pour le packaging. Chaque décision reliée à une source historique précise.
Ce type de brief ne se résout pas devant un logiciel. Il commence dans les archives, dans la compréhension de ce qu'une marque est réellement et son storytelling. Pas de ce qu'elle voudrait paraître "pour être à la mode". C'est exactement ce qu'on apprend à faire en bachelor design graphique à Studio M Rennes, l'école de design à Rennes : partir de la marque, pas de la tendance.
Pour des étudiants, ce cas dit quelque chose de simple : le meilleur redesign est souvent celui qu'on ne remarque pas immédiatement. Pas parce qu'il manque d'ambition, mais parce qu'il a fait le travail en amont, dans les archives, dans la compréhension de ce qu'une marque veut réellement porter à ses clients.
Lacoste n'a pas changé de logo pour suivre une tendance. Elle a corrigé une dérive de quatorze ans, avec une méthode documentée et une intention claire. C'est ce travail invisible, la recherche, la décision de ne pas tout casser, la rigueur dans les détails, qui constitue l'essentiel du métier. À Studio M Rennes, l'école de design à Rennes, c'est ce type de raisonnement qu'on met au centre du bachelor design graphique : comprendre avant de créer.
Un cas comme celui de Lacoste, on pourrait l'étudier pendant une demi-journée en atelier. Et on n'aurait pas fait le tour. C'est ça qui est intéressant dans le design d'identité : les décisions visibles sont toujours la partie émergée d'un travail bien plus long. Studio M Rennes, l'école de design à Rennes, forme ses étudiants à ce travail de fond et pas seulement à maîtriser les outils.