The Boys saison 5 : une leçon de budget en cinéma
Cet article est garanti sans spoiler avec comme objectif de comprendre : Pourquoi ces choix ? Eric Kripke l'a dit à SFX Magazine : "On n'aura jamais le budget de Game of Thrones." Une déclaration qui résume toute la grammaire visuelle de The Boys S5. Et une leçon de mise en scène que toute école de cinéma à Rennes devrait mettre au programme
Ce que Kripke, le showrunner, a dit aux média
Ce n'est pas une baisse de moyens entre la saison 4 et la 5. C'est un plafond structurel, constant depuis le pilote de 2019. La série a toujours fonctionné avec cette contrainte.
Quelques faits pour calmer les théories du complot budgétaire : la S5 compte 8 épisodes, comme les quatre précédentes. Rotten Tomatoes affiche 97 % côté presse. Le décrochage est côté audience publique (52 %), et il porte sur l'écriture et le rythme narratif et pas sur les VFX. Amazon investit simultanément sur Rings of Power, Fallout et le spin-off Vought Rising en préparation. Chaque série a son enveloppe par Amazon avec évidemment, une répartition des sommes pour chacun.
Kripke, lui, n'a jamais prétendu être lésé. Il a dit : voilà ce qu'on a, voilà ce qu'on fait avec.
Huis clos, résistance et face-à-face : les choix qui en découlent
Moins de budget pour les effets massifs, ça se traduit comment à l'écran ? Par des décisions formelles précises, et souvent efficaces.
Les camps de la libération de la S5 sont des espaces resserrés. Peu de décors massifs à construire, beaucoup de tension psychologique à installer. Kripke a cité explicitement les récits de la Résistance française comme référentiel narratif. Une grammaire de cinéma de guerre intimiste, clairement assumée.
Le climax de la saison illustre cette logique : le face-à-face Butcher / Homelander. Deux acteurs, un espace, aucune mêlée de supers et surtout une économie de VFX réelle. Kripke l'a confirmé: pas de final de 90 minutes "super-sized" à la GoT, l'objectif est de jouer sur le sentimentalisme et non sur l'action. Est-ce une excuse pour le manque de budget ?
Quand on ne peut pas mettre 400 figurants et un vaisseau spatial, on écrit une scène où deux personnages se regardent. Et parfois, ça passe, parfois...ça casse, tout ça on l'apprend en école de cinéma à Rennes.
Ce que ça change pour un étudiant en réalisation
Un Bachelor Réalisateur Monteur ne va pas débarquer sur un plateau avec le budget de Fallout. La question n'est pas "comment faire sans argent" mais "comment concevoir avec les moyens qu'on a".
Ça demande une compétence précise : lire un projet, estimer ce qu'il coûte en temps et en ressources, puis réécrire ce qui doit l'être avant le tournage. Pas pendant ou après. Parce qu'un plan séquence de trois minutes avec un acteur qui reste dans le cadre coûte moins cher qu'une scène d'action à huit figurants mal briefés. Et parce que l'effet le plus mémorable d'un film de fin d'études est rarement le plus cher à produire.
Kripke le sait. Il conçoit ses saisons en tenant compte d'un plafond qu'il n'a pas choisi mais qu'il intègre. C'est ça, la grammaire d'un showrunner. C'est aussi ce qu'on travaille en Bachelor Réalisateur Monteur à Studio M, l'école de cinéma à Rennes : pas juste comment monter, mais comment penser un projet de bout en bout.
La vraie raison pour laquelle la S5 divise
La saison finale de The Boys est clivante.
Ce qui divise, c'est l'écriture. Le rythme de certains épisodes centraux. La gestion de plusieurs arcs narratifs sur 8 épisodes. Kripke a défendu ses choix à TV Guide en assumant que certains épisodes ressemblaient à du "filler" aux yeux d'une partie du public, mais qu'ils répondaient à une logique d'ensemble. Est-ce pour le trailer de Vought Rising ou un autre Spin-off ?
C'est un autre débat. Et c'est un débat sain pour un étudiant en réalisation : apprendre à distinguer une contrainte de production d'un choix narratif. Les deux peuvent coexister. Si ce type de lecture critique vous intéresse, c'est le quotidien du Bachelor Réalisateur Monteur. Studio M, l'école de cinéma à Rennes, forme des réalisateurs qui comprennent leurs œuvres avant de les tourner.